Le Véganisme et moi – Bilan après 1 an

Je vous vois déjà bondir sur vos sièges en disant « comment ose-t-elle faire un article pareil alors qu’elle mange des oeufs? ».  Si vous suivez le blog depuis un moment, vous savez que je ne suis pas végane mais que mon homme l’est.  Le véganisme est entré dans notre vie (oui, notre vie à tous les deux parce que même si je ne le suis pas, je ne peux pas faire comme si je n’y étais pas sensible) il y a un an, et j’ai créé ce blog après 6 mois pour faire avancer mon raisonnement personnel.  Et je dois dire que sur ce point, c’est plus qu’une réussite : J’ai appris énormément, découvert de chouettes personnes et projets, bref, j’ai surtout appris à vivre autrement.  Le blog m’a aussi fait découvrir le côté obscur du véganisme, mais ça je vous en parle un peu plus bas dans l’article 😉

Dans cet article, j’avais envie de retracer dans les grandes lignes mon évolution par rapport au véganisme.  Peut-être que certains d’entre-vous se retrouveront dans ces lignes 😉

Le commencement

Il y a un an, le jour de son anniversaire, Raphaël m’annonçait qu’il ne voulait plus consommer aucun produit d’origine animale.  Pour être tout à fait honnête, je pensais qu’il tiendrait quelques semaines tout au plus…

Le véganisme est un mode de vie qui exclut toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but.

…Mais il a tenu bon.  Personnellement, je pense que le véganisme doit être le résultat de profondes réflexions et prises de conscience sur notre façon de traiter les animaux pour notre propre confort.  Et c’est là où, pour moi, ça a été compliqué car je ne m’étais jamais posée de questions à ce sujet alors que Raphaël réfléchissait déjà à tout cela depuis bien longtemps.  Le jour où il a sauté le pas je l’ai vécu un peu comme une révolution, alors que pour lui il s’agissait d’un aboutissement.  De mon côté, c’était plutôt la provenance des produits, les déchets produits et le fait qu’ils soient bio ou non qui m’intéressait.

J’ai donc été catapultée dans le monde du véganisme sans l’avoir choisi.  Et ce n’est pas du tout négatif, bien au contraire!  Aujourd’hui, même si je ne suis pas végane, mon mode de vie est complètement différent, dans le bon sens 😉

Nos premières semaines ont été un peu compliquées d’un point de vue culinaire (on peut dire merci aux livres de Marie Laforêt – 100% Végétal, qui nous ont littéralement sauvé!), mais on a tenu bon!  Par contre de mon côté je mangeais encore de la viande à l’extérieur et je consommais pas mal de produits laitiers aussi, bref j’étais à des années lumières du véganisme 😉

Côté vêtements, je ne faisais pas attention à grand chose non plus : quelques pulls en laine et une ou deux paires de chaussure en cuir.  Raphaël de son côté n’est pas un grand fan de shopping, mais faisait déjà très attention en achetant ses vêtements.  Seul petit bémol – qui est toujours d’actualité aujourd’hui – il semblerait qu’il puisse y avoir des matières animales dans la colle des chaussures.  Malheureusement difficile d’y échapper, d’autant plus qu’on a pas toujours les moyens d’en acheter qui soient labellisées vegan (et en taille 47 en plus pour Raphaël, imaginez la galère haha).

Le plus compliqué pour mon homme à cette période – et étonnamment le plus facile pour moi – a été de passer aux cosmétiques vegan.  Il a d’ailleurs gardé ses produits de grande surface pendant bien longtemps.

 Le début de la réflexion

Quelques mois plus tard, j’ai décidé d’arrêter la viande.  Pas par conviction, simplement parce que j’en voyais plus l’intérêt – Il faut dire qu’on avait fait d’énormes progrès culinaires, ce qui a grandement aidé 😉  Par contre, je consommais toujours du lait en assez grande quantité.  Jusqu’au jour où j’ai créé ce blog, au mois de mai.  Parce que je dois bien l’avouer, c’est à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à réfléchir…

En créant Into the Green, je me suis inscrite sur les groupes Facebook parlant de véganisme.  Parce que cela m’intéressait, et que je voulais comprendre.  Cela a été à la fois une excellente idée, et une erreur désastreuse.

J’ai donc commencé à lire des articles, et notamment ceux de l’association L214 concernant la production du lait.  Et là, je me suis sentie tellement bête : Les vaches ne produisent pas naturellement du lait, sauf quand elles attendent un bébé.  C’est logique, et pourtant!  J’ai donc découvert que les vaches étaient inséminées artificiellement tous les 12 mois pour pouvoir produire du lait (voir l’article ici)… J’ai été tellement choquée et furieuse envers moi-même d’avoir été si bête et envers l’industrie du lait de m’avoir caché cette réalité que j’ai arrêté le lait du jour au lendemain.  Depuis, je bois du lait de soja et ça me va très bien comme ça 😉

C’est tout de même assez incroyable de passer à côté d’une évidence comme celle-là…  C’est  scandaleux de voir à quel point nous pouvons parfois être manipulés : Dans les livres pour enfants, la vache produit du lait – comme s’il n’y avait pas de condition à cela.  A la télé aussi, avez-vous déjà vu une pub pour le lait où l’on vous dit que la vache doit être enceinte pour produire du lait?  Non bien sûr.  Alors évidemment, c’est totalement logique.  Le problème est que vu qu’on en parle pas, on a tendance à l’oublier.  Et si on l’oublie, alors il n’y a plus de problème pas vrai?

J’ai également été très choquée quand j’ai réalisé comment étaient tués les animaux dans les abattoirs.  Je pensais qu’ils étaient tués par une balle dans la tête, et ensuite vidés de leur sang.  Imaginez ma tête quand j’ai appris qu’ils n’étaient pas morts avant d’être égorgés!  Car bien sûr, cela coûterait trop cher… Donc on les « assomme » la plupart du temps, sauf que bien sûr ça ne marche pas et que beaucoup sont conscients lorsqu’ils sont vidés de leur sang.  Depuis, inutile de vous dire qu’il m’est impossible de manger de la viande, ou de porter du cuir…Et que dire de la laine?  Ce n’est pas plus glorieux : Certains moutons ont l’arrière-train coupé pour éviter de perdre de la matière.

Bref, cela a été une énorme prise de conscience et une totale remise en question.  Je me suis donc mise à éviter les produits d’origine animale le plus possible, mais…

Pourquoi je ne suis pas végane

Aujourd’hui, je suis totalement contre le fait de tuer des animaux pour les manger.  Certains diront que l’homme l’a toujours fait depuis des millénaires, et en ce sens ils auront raison : Mais à la base, l’homme tuait les animaux car il n’avait pas le choix.  Aujourd’hui, nous avons la possibilité de nous nourrir sans tuer, alors pourquoi le faire quand même?  Imaginez que vous deviez tuer l’animal vous-même, le feriez-vous?  Il faut aussi savoir que plus de la moitié des cultures de céréales est destinée à nourrir les animaux que nous mangeons ensuite, alors que des millions de personnes meurent de faim…

Là où mes opinions divergent réellement par rapport au véganisme, c’est que je ne suis pas contre l’exploitation animale.  Je suis contre l’exploitation animale telle qu’elle est à l’heure actuelle dans la plupart des élevages : Ce n’est pas normal d’entasser/mutiler/tuer/maltraiter les animaux!  Par contre, je ne vois pas le mal de manger des œufs de poule si elles sont bien traitées et ont plein d’espace.  Pareil pour la laine – même si aujourd’hui je n’en utilise pas.  Pour moi, aimer les animaux n’est pas forcément incompatible avec l’élevage…  Je consomme aussi du miel, et là je trouve que la question est encore plus compliquée mais peut-être ne suis-je pas assez renseignée sur le sujet.

Tout à l’heure, je vous disais qu’entrer dans les groupes FB véganes était une excellente idée mais aussi une terrible erreur.  En effet, si cela m’a vraiment ouvert les yeux sur certains sujets, cela m’a aussi donné envie d’abandonner toutes mes réflexions pour reprendre ma vie simplement…  Il y a, je trouve, une telle méchanceté qui circule sur le net, la plupart du temps venant de véganes vers des personnes qui comme moi ne le sont pas ou se posent des questions.  Se faire insulter, ou se prendre des réflexions parce qu’on mange des oeufs – sous-entendu « tu n’es pas végane donc tu es une mauvaise personne, tu ne mérites pas d’être là » -, personnellement ça me donne juste envie de fuir.  Et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait, j’ai quitté quasi tous les groupes dont je faisais partie afin de me recentrer sur ce qui compte vraiment.  A l’inverse, il y a également beaucoup d’omnivores qui ne veulent pas entendre parler de véganisme, allant jusqu’à traiter ce mode de vie d’extrême voir même le qualifiant de « sectaire ».

Pour moi, l’important est de faire de son mieux, et surtout de respecter le mode de vie de chacun.  Vegan ou pas, ce n’est pas la question.  Ce qui compte, c’est d’avoir conscience des problèmes du monde dans lequel on vit et d’avoir toutes les informations en main afin de pouvoir faire ses propres choix en toute connaissance de cause.  Cela ne sert à rien de vouloir forcer les gens à arrêter de consommer de la viande, ou des produits d’origine animale en règle générale : Si la décision ne vient pas d’eux, s’ils ne savent pas pourquoi ils doivent le faire, s’ils n’ont pas conscience des enjeux, alors cela ne fonctionne pas.  Il faut sensibiliser, il faut en parler, et surtout il faut expliquer pourquoi s’en passer, sans jugement. Aujourd’hui je ne reviendrai en arrière pou rien au monde, je suis totalement en accord avec ma façon de vivre.

5 Comments

  1. Véro

    6 novembre 2017 at 11 h 27 min

    Excellent article… Récapitulatif d’un réel changement positif… Bravo… 😊

  2. Maune

    6 novembre 2017 at 11 h 53 min

    Chez moi le changement a été brutal. Je pensais que ce serait un long processus, mais une fois que j’ai décidé de franchir le pas, tout le non sens de ne pas le faire à fond m’a explosé au visage et dans le mois suivant ma décision de devenir végétarien, il m’a paru évident que je ne pourrais plus être autre chose que vegan. Je dois avouer que cela a été facilité par le fait que nous avons fait ce choix ensemble à la maison, et attaquer un combat comme celui là à 3 est bien plus facile que seul.

    1. Into the Green

      6 novembre 2017 at 12 h 02 min

      Mon homme est un peu comme toi aussi 😉 Pour lui, c’est illogique de ne pas être vegan. Pour moi, ce n’est pas si évident car je me pose encore beaucoup de questions sur certains points…

  3. Marie E.

    15 novembre 2017 at 7 h 48 min

    Merci pour ton retour d’expérience. Je ne suis pas végan, mais je ne consomme pas ou presque plus de viande. Je m’intéresse à tous les régimes alimentaires, en écoutant et lisant les avis de chacun. Je suis très ouverte sur le sujet, mais je te rejoins totalement sur le fait que ce sujet reste tabou que ce soit d’une partie ou de l’autre, il est parfois compliqué d’en parler sans être jugé.
    A bientôt,

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